Peux-tu te présenter ?

J’ai 34 ans, je suis originaire de Noirmoutier et j’ai une fille de 20 mois.

Peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai grandi à Noirmoutier, avec mes deux grandes soeurs et mes parents. J’étais une enfant plutôt sérieuse et raisonnable. Partie à Nantes pour le lycée, puis à Paris pour une prépa, j’ai intégré une école de commerce à Lyon en 2006. C’est vrai qu’à cette époque, je me contentais de suivre un modèle familial, sans me poser de questions.

Pendant ma scolarité en école, j’ai fait des stages à Barcelone, où j’étais commerciale pour une boîte qui vendait des robinets industriels, puis à New-York chez Cartier. J’ai adoré ma boss, passionnée, impliquée, et mon job, qui était très concret.

Une fois diplômée, en 2010, j’ai trouvé un VIE à Bruxelles chez Vuitton, puis un CDI chez Van Cleef & Arpels où j’ai passé deux ans et demi. Il y avait deux choses qui me pesaient réellement : la sensation d’être un petit pion au sein d’une énorme machine, et la relation que j’avais avec une de mes responsables. 

Un jour, il y a eu l’exigence de trop ! J’en ai parlé avec un ami qui m’a demandé très simplement pourquoi je m’infligeais ça. Ça a été le déclic, et j’ai posé ma démission.

J’en ai profité pour voyager en Asie et aux Etats-Unis, puis je suis rentrée en juin 2015 suite à un vol de passeport.

Lors d’un week-end chez mes parents à Noirmoutier, mon père m’emmena visiter une vieille maison de pêcheurs, qu’il avait restaurée pour la revendre ensuite. Le cadre était vraiment sympa et je me suis dit que cela pourrait être sympa d’y créer un restaurant. J’évoquai le sujet avec des copains, qui me dirent : « Si tu ne le fais pas, nous on le fait ! ». Cela m’a permis de réaliser que ça pouvait être une réelle opportunité.

Ce qui est marrant c’est qu’un de mes rêves d’enfant était de tenir une crêperie. 

Je me suis lancée là-dedans, sans savoir dans quoi je m’engageais et heureusement, car sinon je ne suis pas certaine que je l’aurais fait !

J’ai ouvert le restaurant « le Onze » en mars 2016, en n’ayant aucune expérience dans la restauration. Je pensais naïvement qu’avoir une équipe motivée et souriante suffisait. Bilan des courses, au bout de la première année, j’étais épuisée et presque en larmes à chaque fin de service. Je me rendais compte que c’était un métier très physique, très chronophage, avec un rythme à l’envers de tout le monde. 

Malgré tout, j’avais très envie que cela fonctionne car je savais que l’on m’attendait au tournant, ce qui a probablement été mon moteur. Ce qui m’a également boosté, c’était de voir que la clientèle se fidélisait. C’était grisant de voir que cela fonctionnait, et que malgré les difficultés rencontrées, j’apprenais, je m’améliorais. 

Je me suis prise de passion pour ce métier plein d’adrénaline et assez physique, et je me suis mise à recruter différemment, à déléguer davantage. 

J’ai eu la chance de pouvoir également ouvrir une épicerie près du restaurant cette année.

Désormais, j’essaie de me dégager de l’opérationnel, mais ce n’est pas toujours évident. Ma maternité me fais réfléchir sur tout ça, c’est peut-être le moment pour moi d’en profiter pour prendre du recul et faire le point.

Comment surpasses-tu des moments de doute ?

Je m’isole pour prendre du recul, puis j’en parle à quelques amis de confiance, avec qui je peux extérioriser mes émotions.

Qu’est-ce que tout cela a exigé de toi ?

Beaucoup de travail. 

De la patience, de la confiance, de la persévérance, de l’adaptabilité.

Quelles sont les valeurs qui guident tes décisions ?

J’ai besoin d’être fière de moi, de mon restaurant.

Ce qui importe également à mes yeux, c’est d’être fiable et respectueuse, que ce soit avec mes clients ou mon équipe.

Quels sont les enseignements que tu retiens de ces dernières années ?

J’ai appris à mettre de côté les mauvaises langues, et à faire mon propre chemin, à garder mon cap. Mon père m’avait dit un jour que si on parlait de moi, c’était bon signe, car cela signifiait qu’on me remarquait. 

J’ai aussi découvert que j’étais capable de bien plus de persévérance que je ne le pensais ! C’est finalement en se mettant en difficulté qu’on se découvre réellement, qu’on apprend à connaître ses points forts mais aussi ses faiblesses. Et ça, c’est inestimable pour la suite !

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